Noms des molécules

Qu’est-ce que le bimagrumab ?

Le bimagrumab est un anticorps expérimental qui cible les récepteurs de l’activine de type II, les sites d’arrimage de la myostatine et de signaux apparentés qui limitent la croissance musculaire. Il n’est autorisé nulle part et est aujourd’hui développé par Eli Lilly dans l’obésité. Son résultat phare : dans un essai de 72 semaines, son ajout au sémaglutide 2,4 mg a entraîné une perte de poids de 22,1 %, l’essentiel du poids perdu provenant de la graisse plutôt que du tissu maigre.

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Points clés

  • Le bimagrumab est un anticorps expérimental qui bloque les récepteurs de l'activine de type II, levant plusieurs freins naturels à la croissance musculaire et agissant directement sur le tissu adipeux.
  • Dans l'essai BELIEVE mené chez 507 personnes, le bimagrumab associé au sémaglutide 2,4 mg a entraîné une perte de poids de 22,1 % à 72 semaines, et la masse maigre a beaucoup moins diminué qu'avec le sémaglutide seul.
  • Un essai de phase 2 du bimagrumab sous-cutané avec le tirzépatide a terminé le recueil des données principales, mais aucun résultat n'avait été publié dans son dossier de registre.
  • Dans les essais sur la sarcopénie, la fracture de hanche, la BPCO et les maladies musculaires, davantage de masse maigre ne s'est pas traduit par une meilleure marche ni de meilleures performances physiques.
  • Les spasmes musculaires, la diarrhée et l'acné étaient fréquents, le LDL-cholestérol a augmenté, et le médicament n'est autorisé nulle part et est interdit dans le sport.

La perte musculaire est l’une des préoccupations les plus fréquentes chez les personnes prenant des médicaments GLP-1 (peptide-1 apparenté au glucagon). Comme l’explique le guide sur les GLP-1 et la perte musculaire, une partie du poids perdu sous ces médicaments est du tissu maigre. Le bimagrumab aborde le problème par l’autre bout : au lieu de réduire l’appétit, il pousse en même temps le muscle à croître et le tissu adipeux à se dégrader.

Cela en fait un partenaire naturel à tester avec le sémaglutide et le tirzépatide. Il a aussi un historique qu’il vaut la peine de connaître. Avant les travaux sur l’obésité, une décennie d’essais de Novartis a montré que le médicament augmente de façon fiable la masse maigre, mais sans jamais réussir à faire marcher les gens plus loin ni à améliorer leurs performances.

Le bimagrumab en bref Ce qu’il faut savoir
Autres noms BYM338 (code Novartis) ; LY3985863 (code Lilly)
Classe Anticorps monoclonal entièrement humain dirigé contre ActRIIA et ActRIIB
Développeurs Découvert par Novartis ; repris ensuite par Versanis Bio ; acquis par Eli Lilly en 2023
Statut Expérimental uniquement ; aucune autorité, y compris la FDA, ne l’a approuvé
Statut AMA Interdit en permanence selon la classe S4.3, nommé explicitement
Voie dans les essais Perfusion IV dans les essais publiés ; injection sous-cutanée dans les essais actuels de Lilly
Demi-vie Non établie ; l’élimination n’est pas linéaire car le médicament est éliminé en partie en se liant à sa cible
Preuves les plus solides Essai de phase 2 dans l’obésité avec le sémaglutide (BELIEVE, 507 participants)
Principale lacune Il n’a pas été montré que la masse maigre supplémentaire améliore la force ou la fonction physique

La taille des muscles est contenue par une famille de protéines de signalisation. La plus connue est la myostatine, mais l’activine A et GDF11 envoient un message « stop » similaire par les mêmes récepteurs, appelés récepteurs de l’activine de type II (ActRIIA et ActRIIB). Le bimagrumab se lie à ces récepteurs et bloque tous ces signaux à la fois, plutôt que d’en neutraliser un seul (étude de Lach-Trifilieff et de ses collègues en 2014).

Dans ces premiers travaux de laboratoire et chez l’animal, l’anticorps a augmenté la taille des muscles de souris davantage qu’un inhibiteur ciblant la seule myostatine. Une version murine continuait de développer le muscle chez des animaux dépourvus de myostatine, ce qui montre que les autres ligands comptent aussi. Sur des cellules musculaires en culture, il a bloqué les effets d’atrophie de la myostatine comme de l’activine A. Ce sont des résultats chez l’animal et sur cellules.

L’effet sur la graisse passe par une voie distincte. L’activine E agit sur les cellules adipeuses à l’aide d’un second récepteur, ALK7, et ce signal est coupé lorsque les récepteurs de type II sont bloqués. Les investigateurs de BELIEVE décrivent le résultat comme une dégradation accrue des graisses, sans effet apparent sur la prise alimentaire. Les médicaments GLP-1 agissent principalement en diminuant l’appétit ; les deux mécanismes ne se recoupent donc pas.

Comparaison du bimagrumab avec d’autres bloqueurs de la voie

Composé Type Ce à quoi il se lie
Bimagrumab Anticorps monoclonal, administré par voie systémique Les récepteurs ActRIIA et ActRIIB
ACE-083 Protéine de fusion dérivée de la follistatine, injectée dans un seul muscle Myostatine, activines et ligands apparentés, localement
Follistatin-344 Protéine de liaison naturelle Myostatine et activines circulantes

Bloquer le récepteur ferme la porte à tous les ligands qui l’utilisent. Les pièges à ligands comme l’ACE-083 captent au contraire les signaux avant leur arrivée.

L’essai BELIEVE est la principale raison pour laquelle les lecteurs de glp1.app entendent parler du bimagrumab. Heymsfield et ses collègues ont randomisé 507 adultes atteints d’obésité, pesant en moyenne 107,5 kg, en neuf groupes pendant 48 semaines. Les groupes recevaient un placebo, du bimagrumab IV à 10 ou 30 mg/kg toutes les 12 semaines, du sémaglutide hebdomadaire à 1,0 ou 2,4 mg, ou une association. Une extension en ouvert s’est ensuite poursuivie jusqu’à la semaine 72.

Perte de poids au fil du temps

Groupe Variation de poids à la semaine 48 Variation de poids à la semaine 72 Variation de la masse grasse à la semaine 72
Placebo −3,3 kg — —
Bimagrumab 30 mg/kg −9,3 kg −12,0 kg (−10,8 %) −28,5 %
Sémaglutide 2,4 mg −14,2 kg −16,5 kg (−15,7 %) −27,8 %
Bimagrumab 30 mg/kg + sémaglutide 2,4 mg −17,8 kg −24,2 kg (−22,1 %) −45,7 %

Le bimagrumab seul a fait perdre moins de poids sur la balance que le sémaglutide seul. C’est attendu : il ajoutait du muscle tout en retirant de la graisse, si bien que les deux effets se compensaient en partie sur le poids corporel. À la semaine 72, la perte de graisse était à peu près la même dans les deux groupes en monothérapie.

D’où venait le poids perdu

La question la plus utile pour toute personne sous GLP-1 est de savoir quel type de tissu a été perdu. À la semaine 48, l’essai a rapporté ces variations de masse maigre par type de groupe :

Type de groupe à la semaine 48 Variation de la masse maigre Part du poids perdu sous forme de graisse
Placebo −0,9 % —
Bimagrumab seul +1,0 % à +1,1 % 100 % (groupe 30 mg/kg)
Sémaglutide seul −4,7 % à −6,9 % 71,1 % (groupe 2,4 mg)
Association −0,8 % à −2,3 % 92,3 % (association à forte dose)

Concrètement, environ 29 % du poids perdu sous sémaglutide 2,4 mg seul n’était pas de la graisse, contre moins de 8 % lorsque le bimagrumab à forte dose était ajouté. La graisse viscérale, logée autour des organes abdominaux, a aussi davantage diminué dans les groupes d’association qu’avec le sémaglutide seul.

La force s’est-elle améliorée ?

Le plus souvent, pas de façon mesurable. La force de préhension ne s’est améliorée significativement que dans un seul groupe, bimagrumab 30 mg/kg plus sémaglutide 1,0 mg, qui a gagné 4,8 kg contre 1,7 kg sous placebo. La masse maigre mesurée par un examen de composition corporelle inclut l’eau et les tissus des organes, pas seulement le muscle ; la préserver ne revient donc pas à prouver une meilleure force ou fonction. La section 4 explique pourquoi cette distinction est particulièrement importante pour ce médicament.

Ce qu’ont apporté les travaux chez l’animal

Avant BELIEVE, Nunn et ses collègues ont testé l’association chez des souris présentant une obésité induite par l’alimentation. Le bimagrumab a ajouté environ 10 % de masse maigre et, avec le sémaglutide, a augmenté la perte de graisse tout en préservant la masse maigre. Ce sont des données chez la souris, qui ont servi de justification à l’essai humain, sans pouvoir le remplacer.

Oui. Lilly a accepté en juillet 2023 de racheter Versanis Bio, qui avait orienté le bimagrumab vers la recherche sur l’obésité, pour un montant pouvant atteindre 1,925 milliard de dollars, et a présenté le bimagrumab comme le principal actif de Versanis (annonce de Lilly et Versanis). Le programme actuel de Lilly l’associe à son propre médicament, le tirzépatide.

Le dossier de registre de NCT06643728 décrit un essai de phase 2 chez 252 personnes atteintes d’obésité sans diabète. Tous les médicaments à l’étude sont administrés par injection sous-cutanée, et le dossier n’indique les doses que sous la forme « Dose 1 » et « Dose 2 ». Le critère principal est la variation en pourcentage du poids corporel à la semaine 24. Le recueil des données principales s’est terminé le 16 janvier 2026, la fin de l’étude complète est prévue en janvier 2027, et aucun résultat n’avait été publié lors de la mise à jour du dossier en mai 2026.

Lilly a aussi enregistré une étude de phase 2b dans le diabète de type 2, puis l’a retirée sans aucun participant inclus, « pour des raisons stratégiques » (« for strategic business reasons ») (NCT06901349). Tant que les données avec le tirzépatide ne sont pas publiées, toute affirmation sur les performances du bimagrumab avec le tirzépatide va au-delà des preuves. Les résultats avec le sémaglutide ne peuvent pas être simplement transposés à un autre médicament et à une autre voie d’administration.

Jusqu’à présent, non. Novartis a initialement développé le bimagrumab pour des affections avec fonte musculaire, et chaque essai qui a mesuré la fonction a constaté le même décalage : le muscle a grossi, mais les performances ne se sont pas améliorées au-delà de celles des groupes témoins.

Population et essai Ce qui a changé dans le muscle Ce qu’il est advenu de la fonction
Adultes de 65 ans et plus, dose unique de 30 mg/kg, 40 personnes (étude de Rooks 2017 dans la sarcopénie) Volume musculaire de la cuisse +8,0 % contre +0,4 % à la semaine 8 La marche ne s’est améliorée que chez les marcheurs les plus lents
Adultes de 70 ans et plus, 700 mg par mois pendant 6 mois, 180 personnes (essai de Rooks 2020 dans la sarcopénie) Masse maigre corporelle +7 % contre +1 % Score de performance physique non significativement meilleur (p = 0,13) ; les deux groupes se sont améliorés
Récupération après fracture de hanche, 250 adultes de 60 ans et plus (Hofbauer et ses collègues) Masse maigre +1,9 kg (210 mg) et +2,8 kg (700 mg) contre +0,2 kg Aucun gain de vitesse de marche ni de score de performance
BPCO avec faible masse musculaire, 67 patients (Polkey et ses collègues) Volume musculaire de la cuisse +5,0 % contre −1,3 % à la semaine 24 Distance de marche en six minutes non significativement améliorée
Myosite à inclusions, 251 patients (RESILIENT) Pas le critère principal Distance de marche en six minutes non différente du placebo, quelle que soit la dose

Une extension de RESILIENT d’une durée allant jusqu’à deux ans a inclus 211 personnes ; elle a été arrêtée prématurément et n’a, là encore, trouvé aucun gain de mobilité. Ces résultats ont mis fin au développement dans les maladies musculaires.

Les hommes jeunes en bonne santé montrent le même schéma. Après deux semaines avec une jambe plâtrée, 24 hommes ont reçu une dose unique de 30 mg/kg ou un placebo. À 12 semaines, le volume de la cuisse dépassait de 5,1 % son niveau d’avant le plâtre avec le bimagrumab, contre −0,1 % avec le placebo, mais la force du genou a récupéré de la même façon dans les deux groupes en six semaines (étude d’immobilisation de Rooks et de ses collègues). Aucun essai n’a étudié des athlètes entraînés.

Pour les utilisateurs de GLP-1, cet historique invite à la prudence. Préserver la masse maigre pendant la perte de poids pourrait encore s’avérer utile, mais il n’a pas été montré que cela protège la force, la mobilité ou la santé à long terme.

Dans une étude de phase 2 de 48 semaines, 75 personnes atteintes de diabète de type 2 (IMC moyen 32,9) ont été réparties au hasard entre le bimagrumab IV à 10 mg/kg (plafonné à 1 200 mg) toutes les quatre semaines et un placebo, avec des conseils diététiques et d’activité physique pour les deux groupes (essai de Heymsfield et de ses collègues en 2021).

Critère à la semaine 48 Bimagrumab Placebo
Masse grasse −7,5 kg (−20,5 %) −0,18 kg (−0,5 %)
Masse maigre +1,70 kg (+3,6 %) −0,4 kg (−0,8 %)
Poids corporel −5,9 kg (−6,5 %) −0,8 kg (−0,8 %)
Tour de taille −9,0 cm +0,5 cm
HbA1c (marqueur de la glycémie moyenne) −0,76 point −0,04 point

Deux limites s’appliquent. Seules les 58 personnes (77 %) ayant terminé le traitement ont été analysées, et les auteurs ont rapporté des intervalles de confiance à 80 % plutôt que les 95 % habituels.

Une méta-analyse de Shao et de ses collègues publiée en 2026 a regroupé quatre essais (268 personnes au total) comparant le médicament à un placebo dans l’obésité, l’insulinorésistance ou le diabète de type 2. Par rapport au placebo, le bimagrumab a réduit le poids de 4,85 kg et la masse grasse de 4,72 kg, ajouté 1,66 kg de masse maigre et abaissé l’HbA1c de 0,13 point. Il a aussi augmenté le LDL-cholestérol de 0,47 mmol/L, soit environ 18 mg/dL.

Une étude chez la souris va dans l’autre sens. Avec un anticorps bloquant les mêmes récepteurs, Carlsson et ses collègues ont observé une moins bonne tolérance au glucose, des cœurs plus gros chargés de glycogène, des foies plus gras et des souris qui couraient moins dans leur roue. Les auteurs relèvent la contradiction avec les résultats humains et suggèrent que des différences entre espèces pourraient l’expliquer.

Les doses ci-dessous proviennent d’essais et ne sont citées que pour expliquer la recherche. Ce ne sont pas des recommandations, et aucune dose n’est approuvée.

Contexte Dose étudiée Source
Obésité avec ou sans sémaglutide 10 ou 30 mg/kg IV toutes les 12 semaines BELIEVE
Diabète de type 2 avec obésité 10 mg/kg IV toutes les 4 semaines, jusqu’à 1 200 mg Heymsfield 2021
Sarcopénie 700 mg IV par mois Rooks 2020
Obésité avec tirzépatide Sous-cutané ; quantités non indiquées dans le registre NCT06643728

Pourquoi il n’y a pas de demi-vie simple

Dans des travaux de phase 1, une dose IV unique de 30 mg/kg a produit des concentrations sanguines maximales de 982 μg/mL chez des adultes âgés et de 944 μg/mL chez des adultes atteints d’obésité (étude pharmacocinétique de Rooks et de ses collègues). L’élimination n’était pas linéaire, car une partie du médicament est éliminée lorsqu’il se lie à ses récepteurs. Une demi-vie standard n’a donc pas pu être calculée, et les doses plus élevées restaient dans le sang proportionnellement plus longtemps. L’effet sur la masse maigre persistait aussi plus longtemps à 30 mg/kg qu’à 3 mg/kg.

Une autre étude de phase 1, chez 91 personnes âgées d’au moins 70 ans, a comparé des perfusions IV mensuelles à des injections sous-cutanées hebdomadaires. Environ 40 % d’une dose sous-cutanée atteignait la circulation sanguine, et les injections hebdomadaires donnaient une exposition et des effets sur la composition corporelle comparables à ceux des perfusions mensuelles (Petricoul et ses collègues). Tous les schémas sauf le plus faible (52,5 mg) ont augmenté la masse maigre de 4–6 %, soit 1,5–2 kg, et la masse grasse a diminué d’environ 2–3 kg. Comme le médicament n’a pas de demi-vie fixe, un modèle de demi-vie simple ne peut pas prédire combien de temps il reste actif.

Effets secondaires fréquents

Dans BELIEVE, les problèmes les plus fréquents jusqu’à la semaine 48 étaient les spasmes musculaires (surtout des crampes), la diarrhée et l’acné (Heymsfield et ses collègues, 2026) :

Événement Placebo Bimagrumab 10 mg/kg Bimagrumab 30 mg/kg Bimagrumab 30 mg/kg + sémaglutide 2,4 mg
Spasmes musculaires 5,5 % 46,4 % 73,7 % 63,6 %
Diarrhée 5,5 % 41,1 % 49,1 % 49,1 %
Acné 3,6 % 33,9 % 43,9 % 52,7 %
Événements indésirables graves 3,6 % 12,5 % 8,8 % 7,3 %
Arrêts pour événements indésirables 3,6 % 21,4 % 14,0 % 5,5 %

Les autres essais montrent le même tableau. La méta-analyse de Shao a estimé un risque de spasmes musculaires environ dix fois plus élevé, un risque de diarrhée environ cinq fois plus élevé et un risque d’arrêt prématuré du traitement près de six fois plus élevé que sous placebo.

Cholestérol et anomalies biologiques

Le LDL-cholestérol a augmenté dans tous les groupes bimagrumab au cours des 12 premières semaines de BELIEVE. À la semaine 72, il restait 17,6 % au-dessus de sa valeur initiale avec le bimagrumab seul, mais était revenu près de sa valeur initiale (+0,1 %) avec l’association au sémaglutide 2,4 mg. On ignore ce que cela signifie pour le risque cardiaque à long terme.

Les autres modifications biologiques dans les bras bimagrumab de BELIEVE comprenaient une hausse de la créatine kinase et des phosphatases alcalines, des augmentations brèves de l’ALAT, de l’ASAT (enzymes hépatiques) et de la lipase (une enzyme pancréatique), et une baisse du magnésium qui est restée dans les valeurs normales. La pancréatite était rare et survenait à des taux similaires dans tous les groupes. L’essai de 2021 dans le diabète a enregistré un cas de pancréatite sous bimagrumab, ainsi qu’une personne présentant une lipase élevée et des douleurs abdominales finalement dues à des calculs biliaires.

Os, cœur et hormones

  • Os. La densité osseuse de la hanche a diminué d’environ 2 % avec le sémaglutide 2,4 mg et dans la plupart des groupes d’association, contre 0,8 % sous placebo. Les auteurs évoquent comme raison possible une moindre charge sur l’os après la perte de poids.
  • Cœur. Un essai de six mois chez 68 adultes en bonne santé de 60 à 86 ans a utilisé l’IRM cardiaque et n’a observé aucune modification notable de la principale cavité de pompage du cœur, ni de sa masse ni de sa fraction d’éjection, avec 10 mg/kg IV (étude cardiaque de Rooks et de ses collègues). Des études plus longues et plus larges font défaut.
  • Hormones. Chez les femmes de 55 à 75 ans, la FSH a baissé d’environ 42 UI/L à la semaine 8 par rapport au placebo, reflet du rôle de l’activine dans le contrôle hypophysaire, et s’est rétablie une fois le médicament éliminé. Ni les hommes ni les femmes n’ont présenté de modification de la testostérone ou des androgènes surrénaliens (Garito et ses collègues). Les effets sur la fertilité et la grossesse sont inconnus.

Les essais ont évalué le bimagrumab principalement par DEXA, un examen qui distingue la masse grasse, la masse maigre et l’os. Une balance ordinaire n’indique que le poids total et, comme le montre BELIEVE, le poids corporel seul peut sous-estimer un médicament qui retire de la graisse tout en ajoutant du muscle. Le tour de taille, qui a diminué de 9 cm dans l’essai de 2021, est une mesure plus simple que les essais ont aussi rapportée.

Les signaux de sécurité des essais ont surtout été détectés par des analyses de sang : LDL-cholestérol, créatine kinase, enzymes hépatiques, lipase et magnésium, plus la FSH chez les femmes. Ce sont des mesures cliniques qui relèvent d’un médecin, en particulier pour toute personne qui surveille déjà ses lipides ou des symptômes pancréatiques sous GLP-1.

Pour la question plus large de savoir si la préservation de la masse maigre compte, les essais suggèrent de suivre la fonction, et pas seulement la composition corporelle. La force de préhension, les tests de marche et les performances de force répétées sont ce que les études ont mesuré, et c’est là que le bimagrumab a jusqu’ici déçu. Noter les doses de GLP-1, les apports en protéines et l’entraînement à côté de ces mesures, comme le décrit le guide des applications de suivi GLP-1, facilite l’interprétation de tout changement, sans pouvoir remplacer un essai contrôlé.

  • Le bimagrumab est-il approuvé par la FDA ?

    Non. Le bimagrumab n'a été approuvé par la FDA (agence américaine du médicament) ni par aucune autre autorité, pour aucune indication. C'est un médicament expérimental accessible légitimement uniquement aux personnes incluses dans des essais cliniques.

  • Peut-on utiliser le bimagrumab avec le sémaglutide ?

    Pour l'instant, uniquement dans un cadre de recherche. L'essai de phase 2 BELIEVE a testé le bimagrumab IV avec le sémaglutide hebdomadaire et a constaté une perte de graisse plus importante et une meilleure préservation de la masse maigre qu'avec le sémaglutide seul, ainsi que davantage de spasmes musculaires, de diarrhée et d'acné. Aucune association approuvée n'existe.

  • Le bimagrumab est-il testé avec le tirzépatide ?

    Oui. Eli Lilly mène un essai de phase 2 du bimagrumab sous-cutané avec le tirzépatide chez 252 personnes atteintes d'obésité mais sans diabète. Son critère principal est la variation en pourcentage du poids corporel à la semaine 24, et aucun résultat n'avait été publié sur ClinicalTrials.gov lors de sa dernière mise à jour.

  • Le bimagrumab empêche-t-il la perte musculaire sous médicaments GLP-1 ?

    Dans BELIEVE, la masse maigre a diminué de 4,7 % à 6,9 % avec le sémaglutide seul, mais seulement de 0,8 % à 2,3 % lorsque le bimagrumab était ajouté. La masse maigre mesurée par un examen n'équivaut pas à la force ni à la fonction, et un seul groupe d'association a montré un gain significatif de force de préhension.

  • Quels sont les effets secondaires du bimagrumab ?

    Les spasmes musculaires, la diarrhée et l'acné étaient les plus fréquents. Les essais ont aussi rapporté une hausse du LDL-cholestérol, des augmentations temporaires des enzymes hépatiques et pancréatiques, et des taux d'arrêt du traitement plus élevés que sous placebo. La FSH a baissé chez les femmes pendant le traitement.

  • Combien de temps le bimagrumab reste-t-il dans l'organisme ?

    Aucune demi-vie unique n'a été établie. L'anticorps est éliminé en partie en se liant à ses propres récepteurs ; son élimination n'est donc pas linéaire et les chercheurs n'ont pas pu calculer de demi-vie standard. Les doses plus élevées restaient dans le sang proportionnellement plus longtemps.

  • Le bimagrumab est-il un stéroïde ou un SARM ?

    Non. C'est un anticorps monoclonal entièrement humain qui n'agit pas sur le récepteur des androgènes. Dans une étude chez des adultes de 55 à 75 ans, il n'a modifié ni la testostérone ni les androgènes surrénaliens.

  • Le bimagrumab est-il interdit dans le sport ?

    Oui. La Liste des interdictions 2026 de l'AMA (Agence mondiale antidopage) interdit en permanence, dans la classe S4.3, les agents qui empêchent l'activation du récepteur de l'activine IIB, et cite le bimagrumab comme exemple.

Références utilisées pour cet article