Qu’est-ce que l’IGF-1 ?
Publié le 15 oct. 2026 · Mis à jour le 17 oct. 2026 · 20 min de lecture
L’IGF-1, abréviation anglaise de « insulin-like growth factor 1 » (facteur de croissance analogue à l’insuline de type 1), est une hormone protéique que le foie libère lorsque l’hormone de croissance le lui commande. Une copie recombinante appelée mécasermine, commercialisée sous le nom d’Increlex, est approuvée par la FDA (agence américaine du médicament) pour un seul usage rare : le retard de croissance chez les enfants dont l’organisme produit trop peu d’IGF-1 malgré une hormone de croissance normale ou élevée. Chez l’adulte, les essais contrôlés d’IGF-1 injecté n’ont pas augmenté la masse maigre, et son effet aigu le plus marqué est la baisse de la glycémie.
Points clés
- L'IGF-1 est une hormone produite principalement par le foie en réponse à l'hormone de croissance. La mécasermine (Increlex) en est une copie recombinante.
- Increlex est approuvé par la FDA (agence américaine du médicament) uniquement pour le retard de croissance chez les enfants présentant un déficit primaire sévère en IGF-1 ou une délétion du gène de l'hormone de croissance avec anticorps neutralisants. Il n'a aucune autorisation chez l'adulte, pour la prise de muscle ou l'anti-âge.
- L'hypoglycémie est le principal risque : 42 % des enfants des essais de la notice ont eu au moins un épisode, et certains ont fait des convulsions.
- Dans des essais contrôlés chez l'adulte, un an d'IGF-1 chez des femmes âgées et 28 jours d'un complexe d'IGF-1 chez des sportifs n'ont pas modifié la masse maigre.
- La notice associe des tumeurs à des doses supérieures aux recommandations ou à des taux d'IGF-1 poussés au-delà des valeurs normales, et l'AMA (Agence mondiale antidopage) interdit l'IGF-1 en permanence.
L’IGF-1 se situe un cran en aval de l’hormone de croissance, ce qui explique qu’il apparaisse dans les discussions sur le muscle, la récupération et le vieillissement. Pour les personnes sous médicaments GLP-1 (peptide-1 apparenté au glucagon), la question évidente est de savoir s’il pourrait protéger le muscle pendant la perte de poids. Les essais humains ci-dessous répondent à une question plus étroite : ce qui arrive à la masse maigre, à la glycémie et à la sécurité lorsque l’IGF-1 est réellement administré.
Cette page traite de l’hormone native et de la mécasermine. Les analogues synthétiques IGF-1 LR3 et IGF-1 DES ont leurs propres guides.
| L’IGF-1 en bref | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|
| Autres noms | Facteur de croissance analogue à l’insuline de type 1, IGF-I ; mécasermine (Increlex) en tant que médicament |
| Classe | Hormone peptidique ; IGF-1 humain recombinant (rhIGF-1) |
| Taille | 70 acides aminés avec trois ponts disulfure internes ; environ 7,6 kDa |
| Statut aux États-Unis | Increlex approuvé en août 2005, indication pédiatrique uniquement |
| Statut dans l’UE | Autorisé en août 2007 dans des circonstances exceptionnelles |
| Statut AMA | Interdit en permanence (S2.3, facteurs de croissance) |
| Voie d’administration | Injection sous-cutanée ; la notice précise jamais par voie intraveineuse |
| Demi-vie | IGF-1 libre environ 10–12 minutes (étude par traceur) ; demi-vie terminale de la mécasermine de 5,8 heures chez 3 jeunes patients |
| Principale lacune des données | Aucun essai contrôlé chez l’adulte montrant un gain de masse maigre |
1. Que fait l’IGF-1 dans l’organisme ?
L’hormone de croissance se lie à des récepteurs du foie et d’autres tissus, qui réagissent en produisant de l’IGF-1. L’IGF-1 se lie ensuite au récepteur de l’IGF de type 1, un proche parent du récepteur de l’insuline, selon la notice américaine (prescribing information) d’Increlex. La notice décrit trois fonctions principales :
- Allonger les os. En association avec l’hormone de croissance, l’IGF-1 stimule les cellules cartilagineuses des cartilages de croissance jusqu’à leur soudure après la puberté.
- Faire croître les cellules et les organes. La plupart des types cellulaires portent des récepteurs de l’IGF-1, et l’IGF-1 favorise la division cellulaire.
- Gérer le glucose. Il réduit la production de sucre par le foie, augmente la captation du sucre par les tissus et freine la libération d’insuline.
La ressemblance avec l’insuline est structurelle autant que fonctionnelle. Lorsque Rinderknecht et Humbel ont établi sa structure en 1978, ils ont constaté qu’elle correspondait étroitement à la proinsuline, la molécule que l’organisme raccourcit pour fabriquer l’insuline. Cette parenté explique pourquoi l’IGF-1 peut provoquer une hypoglycémie.
La mécasermine possède la même séquence d’acides aminés que l’IGF-1 humain et est produite par des bactéries E. coli modifiées avec le gène humain. Une étude par traceur chez deux adultes en bonne santé a estimé la production propre de l’organisme à environ 10 mg par jour.
En quoi l’IGF-1 diffère des produits apparentés
| Produit | Ce que c’est | Statut |
|---|---|---|
| Mécasermine (Increlex) | IGF-1 recombinant, identique à l’hormone humaine | Approuvé par la FDA en 2005 ; autorisé dans l’UE en 2007 |
| Mécasermine rinfabate (iPlex) | IGF-1 recombinant lié à sa principale protéine de transport, l’IGFBP-3 | Approuvé par la FDA en décembre 2005 ; indiqué comme arrêté |
| IGF-1 LR3 | Analogue synthétique avec un segment N-terminal ajouté et un acide aminé substitué | Non autorisé ; produit chimique de recherche |
| IGF-1 DES | Analogue synthétique tronqué de l’IGF-1 | Non autorisé ; produit chimique de recherche |
| MGF et PEG-MGF | Peptides dérivés d’un variant d’épissage du gène de l’IGF-1 | Non autorisés ; produits chimiques de recherche |
Drugs@FDA répertorie l’autorisation d’Increlex et la fiche d’iPlex. Une revue de Kemp de 2009 notait qu’iPlex avait été retiré de l’usage dans la petite taille aux États-Unis et en Europe en raison d’une obligation légale. Les chimistes antidopage classent le LR3 et le DES parmi les analogues synthétiques de l’IGF-1 dans leur publication de 2017 sur la détection.
2. Quelle est la demi-vie de l’IGF-1 ?
Il n’y a pas de réponse unique, car l’IGF-1 circule rarement seul. La notice indique que plus de 80 % de l’IGF-1 circulant se trouve dans un complexe à trois éléments avec l’IGFBP-3 (protéine de liaison des IGF 3) et une seconde protéine appelée sous-unité acido-labile. Plus la liaison est forte, plus il persiste longtemps.
L’étude par traceur de Guler de 1989, menée chez seulement deux adultes en bonne santé, a mesuré chaque forme séparément :
| Forme dans le sang | Demi-vie apparente |
|---|---|
| IGF-1 non lié (libre) | 10–12 minutes |
| Lié dans le petit complexe, environ 50 kDa | 20–30 minutes |
| Lié dans le grand complexe avec l’IGFBP-3, environ 200 kDa | 12–15 heures |
Pour le médicament lui-même, la notice d’Increlex rapporte ces valeurs après une dose sous-cutanée de 0,12 mg/kg :
| Paramètre | Valeur | Base |
|---|---|---|
| Biodisponibilité | Proche de 100 % | Sujets en bonne santé ; non déterminée dans le déficit en IGF-1 |
| Délai jusqu’au pic | 2 heures | 3 patients âgés de 12 à 22 ans présentant un déficit primaire sévère en IGF-1 |
| Concentration maximale | 234 ng/mL | Les mêmes 3 patients |
| Demi-vie terminale | 5,8 heures | Les mêmes 3 patients |
| Élimination | Foie et rein | Notice |
La clairance dépend aussi de la quantité d’IGFBP-3 d’une personne. La notice estime la clairance à 0,04 L/h/kg lorsque l’IGFBP-3 est de 0,5 µg/mL, et à 0,01 L/h/kg à 3 µg/mL, la médiane chez les personnes ayant un IGF-1 normal. Les enfants présentant un déficit primaire sévère ont très peu d’IGFBP-3 et éliminent donc plus vite l’IGF-1 injecté. Un modèle de demi-vie construit à partir de l’un de ces chiffres ne s’applique donc qu’à la population et à la forme dont il provient.
3. L’IGF-1 est-il approuvé par la FDA, et pour quoi ?
États-Unis
Selon Drugs@FDA, la FDA a approuvé Increlex en août 2005 sous le numéro NDA 021839 (considéré comme une licence de produit biologique en 2020). La notice le limite au retard de croissance chez les enfants de 2 ans et plus présentant l’une de deux affections :
- Déficit primaire sévère en IGF-1. Score d’écart type de la taille (SDS, mesure de l’écart d’une valeur par rapport à la moyenne de la population) de –3,0 ou moins, SDS de l’IGF-1 basal de –3,0 ou moins, et hormone de croissance normale ou élevée. Le syndrome de Laron, dans lequel l’organisme ne peut pas répondre à l’hormone de croissance, en est l’exemple classique.
- Délétion du gène de l’hormone de croissance avec anticorps neutralisants qui bloquent le traitement par hormone de croissance.
La notice est explicite sur ce qu’Increlex n’est pas. Il ne remplace pas l’hormone de croissance là où celle-ci est approuvée, et il n’est pas destiné au déficit secondaire en IGF-1 causé par un déficit en hormone de croissance, la malnutrition, une hypothyroïdie ou une corticothérapie prolongée. La notice DailyMed actuelle désigne Eton Pharmaceuticals comme fabricant ; Ipsen avait publié une version antérieure.
Union européenne
En août 2007, la Commission européenne a autorisé Increlex chez les enfants et adolescents présentant un déficit primaire sévère en IGF-1, selon l’EMA. L’autorisation a été accordée dans des « circonstances exceptionnelles », une voie utilisée lorsqu’une maladie est trop rare pour recueillir des données complètes. Increlex a bénéficié du statut de médicament orphelin de 2006 à 2017.
Aucune autorité réglementaire n’a approuvé l’IGF-1 chez l’adulte, pour la prise de muscle, la perte de graisse ou le vieillissement.
4. Que montre la recherche ?
Enfants présentant un déficit primaire sévère en IGF-1
La notice regroupe cinq études (une contrôlée contre placebo, quatre en ouvert) portant sur 71 enfants. Au départ, ils avaient en moyenne 6,7 ans, un SDS de taille de –6,7 et un taux d’IGF-1 de 21,6 ng/mL. Le syndrome de Laron représentait 87 % des 61 enfants traités pendant un an ou plus, et la plupart ont reçu 0,06–0,12 mg/kg deux fois par jour.
| Moment du traitement | Enfants mesurés | Vitesse de croissance, cm/an | SDS de taille |
|---|---|---|---|
| Avant traitement | 58 | 2,8 | –6,7 |
| Année 1 | 58 | 8,0 | –5,9 |
| Année 2 | 48 | 5,8 | –5,6 |
| Année 3 | 38 | 5,5 | –5,4 |
| Année 4 | 23 | 4,7 | –5,5 |
| Année 6 | 20 | 4,8 | –5,4 |
| Année 8 | 13 | 4,3 | –5,2 |
Le bond était le plus important la première année et s’atténuait ensuite. Aux années 7 et 8, la croissance n’était plus significativement plus rapide qu’avant le traitement. L’âge osseux a progressé un peu plus vite que l’âge civil, 5,3 ans contre 4,9 ans sur la même période (n = 49).
Dans une cohorte américaine de 76 enfants traités par 60–120 µg/kg deux fois par jour et suivis jusqu’à 12 ans, l’équipe de Chernausek a constaté que la réponse de la première année dépendait de la dose. Parmi les 21 enfants ayant atteint une taille adulte ou quasi adulte après 10 ans en moyenne, Backeljauw et ses collègues ont rapporté en moyenne 13,4 cm de plus que la taille attendue sans traitement et un gain total de SDS de taille d’environ +2. La plupart terminaient néanmoins en dessous des valeurs adultes normales.
Glycémie chez l’adulte en bonne santé et dans le diabète de type 2
La première étude humaine, la publication de Guler de 1987 dans le NEJM, a administré à huit adultes en bonne santé une dose intraveineuse unique de 100 µg/kg, comparée à l’insuline. La glycémie a atteint son point le plus bas 30 minutes plus tard, à 1,98 mmol/L (environ 36 mg/dL) avec l’IGF-1, contre 1,78 mmol/L (environ 32 mg/dL) avec l’insuline. À nombre de molécules égal, l’IGF-1 avait environ 6 % de la puissance de l’insuline, et environ 80 % de l’IGF-1 sanguin était non lié juste après la dose.
Cet effet sur la glycémie a conduit à des essais dans le diabète de type 2. Dans l’étude de Moses et ses collègues, 12 patients obèses ont pris 100 µg/kg deux fois par jour pendant 6 semaines :
| Mesure | Valeur initiale | Après traitement |
|---|---|---|
| HbA1c (moyenne de la glycémie sur environ 3 mois) | 10,4 % | 8,1 % |
| Glycémie moyenne sur 24 heures | 14,7 mmol/L | 9,1 mmol/L |
| Sensibilité à l’insuline | Référence | 3,4 fois plus élevée |
| IGF-1 sérique | 206 µg/L | 849 µg/L |
Seuls 6 des 12 patients ont terminé les 6 semaines, en raison des effets secondaires. Dans l’étude de Jabri de 1994, les 7 patients recevant 120–160 µg/kg deux fois par jour ont tous arrêté prématurément, et les auteurs ont jugé la rhIGF-1 à forte dose inacceptable pour eux. L’IGF-1 n’a jamais été approuvé dans le diabète.
Autres affections testées
- SLA. Un essai de phase 3 de deux ans a randomisé 330 patients pour recevoir 0,05 mg/kg deux fois par jour ou un placebo et n’a trouvé aucune différence de force, de survie sans trachéotomie ni de déclin fonctionnel (Sorenson et al., 2008).
- Prématurés. La mécasermine rinfabate par voie intraveineuse a été testée pour prévenir la rétinopathie du prématuré, une maladie oculaire des grands prématurés. Une revue Cochrane de 2026 a trouvé deux essais portant sur 140 nourrissons, un risque relatif de 0,94 (IC à 95 % 0,38–2,35) pour la rétinopathie sévère et une certitude très faible pour l’ensemble des résultats : aucune conclusion n’était donc possible.
5. L’IGF-1 fait-il prendre du muscle ou le protège-t-il pendant une perte de poids sous GLP-1 ?
L’argument en faveur d’un effet vient surtout de la physiologie des perfusions. L’étude de Fryburg de 1994 a administré de la rhIGF-1 directement dans l’artère de l’avant-bras pendant 6 heures chez 19 adultes, et l’avant-bras perfusé a basculé vers un gain protéique net à toutes les doses. Le bras opposé, exposé uniquement via la circulation générale, n’a pas changé.
Les essais contrôlés plus longs d’IGF-1 injecté racontent une autre histoire :
| Essai | Participants | Ce qu’ils ont reçu | Résultat sur la composition corporelle |
|---|---|---|---|
| Friedlander et al., 2001 | 16 femmes ménopausées en bonne santé, âge moyen 71 ans | rhIGF-1 15 µg/kg deux fois par jour ou placebo pendant 1 an | Aucune modification de la masse maigre, de la masse grasse, de la force ni de la densité osseuse |
| Guha et al., 2015 | 56 sportifs amateurs, 30 hommes et 26 femmes | rhIGF-1/IGFBP-3 à 30 ou 60 mg/jour, ou placebo, pendant 28 jours | Aucune modification de la masse maigre ni de la masse grasse |
Dans l’essai de 2001, l’IGF-1 est passé d’environ 66 à environ 330 ng/mL, sans qu’aucun critère ne bouge, et l’étude s’est arrêtée après 16 participants. La consommation maximale d’oxygène des sportifs (VO₂ max, une mesure de la capacité aérobie) a augmenté d’environ 7 % dans l’ensemble des groupes traités, ce qui n’est pas la même chose qu’une croissance musculaire.
Aucun de ces essais n’a inclus de personnes perdant du poids sous sémaglutide ou tirzépatide. Les données ne donnent donc aucune raison de s’attendre à ce que l’IGF-1 préserve la masse maigre pendant un traitement par GLP-1. Le guide GLP-1 et perte musculaire présente ce que l’on sait de ce problème.
6. Quels sont les effets secondaires et les risques de l’IGF-1 ?
Hypoglycémie
L’hypoglycémie est la première mise en garde de la notice d’Increlex. Parmi 71 enfants traités pendant 3,9 ans en moyenne, 30 (42 %) ont eu au moins un épisode, bien que 14 d’entre eux aient présenté des hypoglycémies avant le début du traitement. Cinq ont eu besoin de l’aide d’une autre personne, et quatre ont fait des convulsions ou perdu connaissance. Les épisodes étaient concentrés chez les plus jeunes enfants et au cours du premier mois de traitement.
Pendant les 2–3 heures suivant une dose, surtout en début de traitement, la notice recommande d’éviter les activités à risque comme la conduite ou l’exercice. Dans la cohorte américaine à long terme, 49 % des enfants ont signalé une hypoglycémie.
Autres risques figurant dans la notice
| Risque | Détail de la notice |
|---|---|
| Hypertrophie des amygdales et des végétations | Observée chez 15 % au cours des 1–2 premières années ; chirurgie chez 7, dont 3 avec apnée obstructive du sommeil |
| Hypertension intracrânienne | Rapportée chez 3 enfants ; les signes comprennent maux de tête, troubles visuels, nausées ou vomissements dus à l’augmentation de la pression du liquide dans le crâne |
| Épiphysiolyse fémorale supérieure | L’extrémité supérieure du fémur glisse au niveau de son cartilage de croissance pendant une croissance rapide ; peut entraîner une ostéonécrose (mort de l’os) |
| Scoliose | Une courbure vertébrale existante peut s’aggraver pendant une croissance rapide |
| Réactions allergiques | Anaphylaxie après commercialisation estimée à 0,3 % ; une hospitalisation a été nécessaire dans certains cas |
| Modifications au point d’injection | Amas graisseux (lipohypertrophie) et ecchymoses ; lipohypertrophie chez 32 % de la cohorte à long terme |
| Conservateur alcool benzylique | Le conservateur a été associé à un « syndrome de halètement » mortel chez le nouveau-né : l’usage chez le nourrisson n’est donc pas recommandé |
La notice mentionne aussi une augmentation de volume des reins et de la rate à l’échographie, un épaississement des tissus mous du visage et des anomalies cardiaques dont le lien avec le médicament est incertain. Un surdosage prolongé peut produire des signes d’acromégalie, l’affection causée par un excès d’hormone de croissance.
Fortes doses chez l’adulte
Tous les patients de l’étude de Jabri à forte dose dans le diabète ont développé des effets secondaires ayant mis fin au traitement. Il s’agissait de gonflements du visage et des mains, d’une sensibilité de la mâchoire, de douleurs articulaires et musculaires, d’une accélération du rythme cardiaque, de bouffées de chaleur, d’une baisse de la tension artérielle en position debout, de fatigue et parfois d’essoufflement.
Cancer
Increlex est contre-indiqué chez toute personne ayant un cancer évolutif ou un antécédent de cancer. La notice décrit des signalements après commercialisation de divers cancers chez des enfants traités, sans lien de causalité établi, mais les tumeurs apparaissaient plus souvent chez les enfants porteurs d’affections génétiques prédisposant au cancer et chez ceux dont les doses dépassaient la recommandation ou portaient l’IGF-1 au-delà des valeurs normales. Dans une étude de deux ans chez le rat, les tumeurs surrénaliennes ont augmenté à des expositions inférieures aux niveaux humains.
Les données de population vont dans le même sens sans prouver de causalité. La méta-analyse de Renehan de 2004 portant sur 21 études a constaté qu’un IGF-1 au 75e percentile plutôt qu’au 25e était associé à un risque modérément plus élevé de cancer de la prostate (OR 1,49) et de cancer du sein avant la ménopause (OR 1,65). À l’extrême opposé, des Équatoriens présentant un déficit en récepteur de l’hormone de croissance et un IGF-1 très bas ont eu un seul cancer non mortel en 22 ans, contre 17 % parmi leurs proches (Guevara-Aguirre et al., 2011).
Qui ne doit pas l’utiliser
La notice cite l’allergie à la mécasermine ou à ses composants, les cartilages de croissance soudés et un cancer évolutif ou antérieur. La sécurité n’a pas été établie avant 2 ans ni à partir de 65 ans.
7. Quelle est la posologie de la mécasermine ?
Le seul schéma figurant dans la notice concerne l’indication pédiatrique. Il est présenté ici pour expliquer la notice, pas comme une recommandation pour qui que ce soit d’autre.
| Étape de la notice | Dose |
|---|---|
| Début | 0,04–0,08 mg/kg deux fois par jour |
| Augmentation, si bien toléré pendant au moins 1 semaine | +0,04 mg/kg par dose |
| Maximum | 0,12 mg/kg deux fois par jour |
Chaque dose se prend avec de la nourriture, dans les 20 minutes avant ou après un repas ou une collation. Un enfant qui ne peut pas manger saute cette dose, et les doses oubliées ne sont pas rattrapées. La notice prévoit des contrôles de glycémie avant les repas en début de traitement, jusqu’à ce qu’une dose bien tolérée soit établie.
Les études chez l’adulte ci-dessus ont utilisé leurs propres doses de recherche, de 15 µg/kg deux fois par jour chez les femmes âgées à 120–160 µg/kg deux fois par jour dans l’étude interrompue dans le diabète. Aucune n’a établi de dose adulte, quel que soit l’objectif.
8. Interactions et ce que l’on peut mesurer
Médicaments du diabète, y compris les GLP-1
La notice d’Increlex demande aux patients de signaler un diabète et tout traitement par insuline ou autre antidiabétique, car ces doses peuvent devoir être ajustées. Aucune étude examinée ici n’a testé l’IGF-1 avec un médicament GLP-1. Compte tenu de l’effet hypoglycémiant propre de l’IGF-1, toute association avec un traitement abaissant la glycémie relève du prescripteur plutôt que de l’expérimentation personnelle.
Les analyses qui comptent
- Glycémie. La notice prévoit ce contrôle en début de traitement, car l’hypoglycémie est le risque aigu dominant.
- IGF-1 sérique. La notice relie en partie les signalements de tumeurs à des doses ayant porté l’IGF-1 au-dessus des valeurs normales : le taux par rapport à ces valeurs a donc une signification clinique. Notez qu’un taux élevé dans les essais chez l’adulte ne s’est pas traduit par davantage de masse maigre.
- Composition corporelle. Les essais chez l’adulte ont mesuré directement la masse maigre. Une balance ou un miroir ne permet pas de distinguer le muscle des liquides, et les gonflements étaient un effet secondaire fréquent à fortes doses.
Pour le suivi, notez ensemble le produit, la date, l’heure, l’horaire des repas et les éventuelles mesures de glycémie. Un tel suivi aide un médecin à repérer des schémas d’hypoglycémie, mais il ne peut pas montrer que l’IGF-1 a provoqué un changement du muscle ou de la récupération.
9. L’IGF-1 est-il légal, et qu’en est-il des produits vendus en ligne ?
La loi américaine considère la mécasermine comme un médicament biologique sur ordonnance, dont le seul usage approuvé est pédiatrique. La Liste des interdictions 2026 de l’AMA interdit en permanence « le facteur de croissance analogue à l’insuline de type 1 (IGF-1, mécasermine) et ses analogues » dans la section S2.3, aux côtés des facteurs de croissance mécaniques.
Selon des scientifiques de l’antidopage, des produits à base d’IGF-1 et des analogues apparaissent dans la publicité en ligne et sur le marché noir. En 2013, Guha et ses collègues notaient que l’IGF-1 était plus difficile à détecter que l’hormone de croissance et qu’aucun test de détection de l’usage détourné n’était encore en place. La détection s’est améliorée depuis, avec la publication de dosages par spectrométrie de masse pour le LR3, le DES et des analogues synthétiques apparentés.
Rien ne garantit l’identité, le dosage ni la stérilité d’un IGF-1 acheté hors pharmacie, et tous les résultats cliniques ci-dessus proviennent de mécasermine pharmaceutique. Pour l’hormone située en amont de l’IGF-1, consultez le guide de l’hormone de croissance.
10. Questions fréquentes sur l'IGF-1
Qu'est-ce que l'IGF-1 ?
L'IGF-1, ou facteur de croissance analogue à l'insuline de type 1, est une hormone protéique produite principalement dans le foie sous l'impulsion de l'hormone de croissance. Il porte une grande partie de l'effet de l'hormone de croissance sur la croissance et abaisse aussi la glycémie d'une manière qui rappelle l'insuline.
L'IGF-1 est-il légal ?
Aux États-Unis, la mécasermine (Increlex) est un médicament biologique sur ordonnance approuvé uniquement pour un trouble rare de la croissance de l'enfant. Les produits vendus en ligne hors pharmacie ne sont pas contrôlés pour leur identité, leur dose ou leur stérilité. L'AMA interdit l'IGF-1 et ses analogues en permanence dans le sport.
L'IGF-1 fait-il prendre du muscle ?
De courtes perfusions dans l'avant-bras ont orienté le bilan protéique musculaire local vers un gain. Cependant, un essai d'un an contrôlé contre placebo chez des femmes âgées et un essai de 28 jours chez des sportifs amateurs n'ont constaté aucune modification de la masse maigre avec l'IGF-1 injecté.
Quels sont les effets secondaires de l'IGF-1 ?
La notice d'Increlex cite d'abord l'hypoglycémie, puis l'hypertrophie des amygdales et des végétations, l'augmentation de la pression autour du cerveau, le glissement du cartilage de croissance de la hanche, l'aggravation d'une scoliose, les réactions allergiques et des amas graisseux aux points d'injection. Des adultes atteints de diabète de type 2 traités à fortes doses ont développé des gonflements, des douleurs articulaires et de la mâchoire, une accélération du rythme cardiaque et de la fatigue.
Combien de temps l'IGF-1 reste-t-il dans l'organisme ?
Cela dépend de sa liaison. L'IGF-1 libre a une demi-vie apparente d'environ 10–12 minutes, tandis que l'IGF-1 retenu dans son grand complexe avec les protéines de liaison persiste 12–15 heures. La mécasermine injectée avait une demi-vie terminale de 5,8 heures dans un petit groupe de patients présentant un déficit primaire sévère en IGF-1.
Peut-on utiliser l'IGF-1 avec le sémaglutide ou le tirzépatide ?
Aucune étude examinée ici n'a testé cette association. L'IGF-1 abaisse lui-même la glycémie, et la notice d'Increlex demande aux patients de signaler un diabète et tout traitement par insuline ou autre antidiabétique, car les doses peuvent devoir être ajustées. Toute association relève d'une discussion avec un prescripteur.
Un IGF-1 élevé provoque-t-il un cancer ?
Cela n'a pas été prouvé. Des données observationnelles associent un IGF-1 naturel plus élevé à un risque légèrement accru de certains cancers, et la notice d'Increlex rapporte des tumeurs plus fréquentes avec des doses supérieures aux recommandations. Increlex ne doit pas être utilisé par les personnes ayant un cancer évolutif ou un antécédent de cancer.
Quelle est la différence entre l'IGF-1, l'IGF-1 LR3 et l'IGF-1 DES ?
L'IGF-1 est l'hormone naturelle, et la mécasermine en est une version recombinante identique approuvée par la FDA. L'IGF-1 LR3 et l'IGF-1 DES sont des analogues synthétiques à structure modifiée, vendus comme produits chimiques de recherche et sans aucune autorisation.
11. Sources
Références utilisées pour cet article
- Notice américaine (prescribing information) d'Increlex (mécasermine), DailyMed
- Drugs@FDA : Increlex, BLA 021839
- Drugs@FDA : iPlex (mécasermine rinfabate), BLA 021884
- Agence européenne des médicaments : EPAR d'Increlex
- Agence mondiale antidopage : Liste des interdictions 2026
- Rinderknecht et Humbel (1978) : structure de l'IGF-1 et homologie avec la proinsuline
- Guler et al. (1989) : demi-vies et taux de production des IGF chez l'adulte en bonne santé
- Guler et al. (1987) : effets métaboliques à court terme de la rhIGF-1 chez l'adulte en bonne santé
- Kemp (2009) : options de traitement du déficit en IGF-1, dont la disponibilité de la mécasermine rinfabate
- Chernausek et al. (2007) : traitement prolongé par rhIGF-1 dans l'insensibilité à l'hormone de croissance
- Backeljauw et al. (2013) : taille adulte et quasi adulte après un traitement prolongé par rhIGF-1
- Moses et al. (1996) : rhIGF-1 et contrôle glycémique dans le diabète de type 2
- Jabri et al. (1994) : effets indésirables de la rhIGF-1 à forte dose dans le diabète de type 2
- Fryburg (1994) : perfusion d'IGF-1 et métabolisme des protéines musculaires de l'avant-bras
- Friedlander et al. (2001) : un an d'IGF-1 chez des femmes ménopausées
- Guha et al. (2015) : rhIGF-1/IGFBP-3 chez des sportifs amateurs
- Sorenson et al. (2008) : essai de phase 3 de deux ans de l'IGF-1 dans la SLA
- Trzaski et al. (2026) : revue Cochrane de l'IGF-1 dans la rétinopathie du prématuré
- Renehan et al. (2004) : méta-analyse sur l'IGF-1, l'IGFBP-3 et le risque de cancer
- Guevara-Aguirre et al. (2011) : déficit en récepteur de l'hormone de croissance, cancer et diabète
- Guha et al. (2013) : usage détourné de l'IGF-1 chez les sportifs et méthodes de détection
- Thomas et al. (2017) : détection par LC-MS des analogues de l'IGF-1 LR3, R3 et DES